SOMMAIRE
Un design qui marque un tournant
Le Pixel 6 Pro rompt radicalement avec les générations précédentes. Fini le format discret et la sobriété plastique. Place à un châssis en verre incurvé, des finitions brillantes, un module photo proéminent et un format massif (6,7 pouces). Le téléphone impose une vraie présence en main, avec 210 grammes bien répartis, mais sensibles. Ce n’est pas un smartphone compact. C’est un terminal assumé, pensé pour durer, et clairement orienté haut de gamme.
La prise en main reste agréable, malgré les bords incurvés qui divisent. Certains y voient de l’élégance, d’autres une source de fausses interactions. Le cadre en aluminium poli chauffe modérément mais tient bien la charge thermique. Le design global rappelle davantage Samsung que les Pixel des débuts. Google change de stratégie, et ça se voit.
Un écran OLED maîtrisé, mais pas parfait
6,7 pouces, définition QHD+ (3120×1440), taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 120 Hz. Sur le papier, le Pixel 6 Pro coche toutes les cases. L’écran LTPO affiche des couleurs précises, une très bonne luminosité en plein jour (jusqu’à 800 nits en usage réel) et un contraste infini. La calibration d’origine reste naturelle, fidèle à la tradition Pixel : pas de saturation excessive, pas d’effet « vitrine ».
Le taux de rafraîchissement variable gère bien la fluidité, mais les transitions entre 60 et 120 Hz restent perceptibles dans certains cas. Le capteur d’empreintes optique sous l’écran souffre d’un léger manque de réactivité, surtout par faible luminosité. Google a corrigé partiellement le problème via mise à jour, mais l’expérience reste légèrement en retrait face aux flagships concurrents.
Tensor : le pari maison de Google
Le Pixel 6 Pro est le premier smartphone à intégrer le SoC Tensor, conçu par Google. Il ne cherche pas à battre les records de performance brute. Il mise sur l’optimisation logicielle, la cohérence de l’architecture, et surtout l’intelligence embarquée. Sur les benchmarks, Tensor se situe entre un Snapdragon 888 et un 8 Gen 1. Mais dans l’usage quotidien, l’expérience est fluide, constante et parfaitement maîtrisée.
Tensor permet des fonctions exclusives :
- Traduction en temps réel dans les applications de messagerie.
- Reconnaissance vocale instantanée hors ligne, avec ponctuation automatique.
- Amélioration photo et vidéo en temps réel, sans latence visible.
Le Pixel 6 Pro chauffe raisonnablement, sauf en enregistrement vidéo prolongé en 4K. Les performances restent stables même lors de longues sessions, grâce à une gestion thermique efficace mais parfois conservatrice. Ce n’est pas un smartphone gaming, mais il assure pour 95 % des usages intensifs.
Photo : une vraie rupture, enfin
Le capteur principal de 50 Mpx change la donne. Il capture 150 % de lumière en plus par rapport au Pixel 5, avec une netteté bien supérieure. La profondeur, la restitution des textures, la dynamique étendue… tout progresse. Le Pixel 6 Pro conserve le traitement typique de Google (contraste marqué, ombres débouchées), mais gagne en réalisme.
Le téléobjectif 4x de 48 Mpx apporte une vraie polyvalence. Le zoom hybride jusqu’à 10x reste propre, net, sans excès d’algorithmes. L’ultra grand-angle de 12 Mpx est plus discret, moins impressionnant, mais reste cohérent.
En faible lumière, le mode Nuit se déclenche rapidement, sans exagérer la lumière. Les scènes restent naturelles, sans virer à l’effet “plein jour artificiel”.
Fonctions marquantes :
- Effacement magique : permet de supprimer des éléments d’une photo en un clic. Le résultat varie selon la scène, mais bluffe dans 70 % des cas.
- Mode mouvement : ajoute un effet de filé ou de pose longue sans trépied. Gadget pour certains, outil créatif pour d’autres.
- Selfie assisté par IA, avec un excellent respect des tons de peau et un mode « Real Tone » réellement pertinent.
Vidéo : progrès nets, mais pas encore au niveau Apple
Le Pixel 6 Pro filme en 4K jusqu’à 60 fps sur tous les capteurs. La stabilisation est excellente, la balance des blancs fidèle, et la captation audio propre. L’autofocus reste fiable, même en déplacement. Cependant, les transitions d’exposition restent parfois brutales, et le traitement reste un cran en dessous des iPhone en termes de rendu global.
Google a mis l’accent sur la vidéo avec Tensor, mais reste encore en phase de rattrapage sur certains aspects comme la gestion du flare ou la fluidité dans les changements de lumière.
Autonomie : suffisante mais pas exceptionnelle
Avec sa batterie de 5000 mAh, le Pixel 6 Pro assure une journée complète d’usage intensif, voire 36 heures en usage modéré. L’optimisation logicielle limite la consommation des applications en arrière-plan, et le rafraîchissement variable aide à préserver l’autonomie.
La recharge rapide plafonne à 30 W, ce qui reste en retrait face à la concurrence asiatique. Il faut environ 1h45 pour une recharge complète, ce qui reste convenable, mais sans effet “boost” en 15 minutes. La recharge sans fil atteint 23 W, à condition d’utiliser le chargeur officiel Pixel Stand (vendu séparément).
Android pur, mais avec une vraie identité
Le Pixel 6 Pro tourne sous Android 12 à sa sortie, avec l’interface Material You. Le thème s’adapte aux couleurs du fond d’écran, les widgets deviennent interactifs, les animations fluides donnent une vraie cohérence visuelle.
Mais au-delà du style, Google apporte des fonctions exclusives :
- Transcription instantanée hors ligne des appels ou vidéos.
- Affichage contextuel des musiques ambiantes (Now Playing).
- Filtrage d’appels automatisé par l’Assistant, pour bloquer les démarchages.
Les mises à jour sont garanties pendant 5 ans (3 ans de versions Android, 5 ans de sécurité). C’est l’un des rares smartphones Android à rivaliser avec Apple sur ce point.
Connectivité, audio, réseau : tout est là
5G, Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.2, puce ultra large bande (UWB), GPS double fréquence : le Pixel 6 Pro intègre l’ensemble des standards actuels. Le signal réseau reste stable, même dans des zones à faible couverture. La qualité audio en appel est excellente, grâce à la suppression intelligente des bruits parasites.
Les haut-parleurs stéréo offrent un son ample, bien réparti, même si les basses restent modérées. Pas de prise jack, évidemment. Le DAC interne reste correct, mais sans ambition audiophile.
Sécurité et vie privée : des options concrètes
Google pousse un effort réel sur la sécurité : puce Titan M2, traitement local des données sensibles, interface claire pour les autorisations d’applications. L’interface permet de couper caméra et micro via un interrupteur logiciel, directement dans les paramètres rapides.
La reconnaissance faciale est absente, au profit du capteur d’empreintes. Un choix discuté, mais qui évite les polémiques liées à la reconnaissance 2D ou infrarouge. Google mise ici sur le logiciel plus que sur le matériel.
Un prix qui se justifie par l’expérience
Au lancement, le Pixel 6 Pro se plaçait autour des 899 €. Depuis, il se trouve souvent entre 600 et 750 €, selon les offres. À ce tarif, il rivalise avec des appareils plus récents, tout en conservant des fonctions logicielles uniques et un suivi logiciel exemplaire.
Le véritable attrait du Pixel 6 Pro ne réside pas dans la fiche technique brute. Il repose sur une expérience globale. Un équilibre entre matériel, logiciel, photo et intelligence embarquée. Il n’est pas parfait. Mais il est cohérent, puissant, et conçu pour durer.