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Les leçons de la France sur la réglementation de la pornographie sur Internet

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Portée et récurrence de l’exposition à la pornographie via chacune des huit plateformes médiatiques chez les jeunes de 15, 16 et 17 ans en France (N = 999). Note : La taille des bulles indique la proportion de ceux qui ont été exposés. La position des bulles indique le nombre moyen et médian de jours depuis la dernière exposition. Crédit : Politique et Internet (2022). DOI : 10.1002/poi3.293

Une nouvelle étude menée par le professeur Neil Thurman, chercheur principal honoraire de la City, montre que les effets de déplacement, le contournement et la portée de la législation peuvent limiter l’efficacité des tentatives françaises d’empêcher les moins de 18 ans d’accéder à la pornographie en ligne.

L’article 23 de la France la place au premier rang des tentatives des États démocratiques pour réduire l’exposition des jeunes à la pornographie en ligne légale. Contrairement au projet de loi sur la sécurité en ligne du Royaume-Uni, l’article 23 français a déjà été promulgué.

L’Arcom, l’autorité française de régulation des médias, a, dans un premier temps, utilisé la loi pour cibler huit sites pornographiques spécialisés.

Dans quelle mesure les adolescents français sont-ils exposés à la pornographie sur ces sites ? Et combien sur d’autres sites et plateformes médiatiques ?

Avec l’Institut français d’opinion publique (Ifop), le professeur Thurman a mené une enquête auprès des jeunes français de 15, 16 et 17 ans.

L’enquête montre que 41% des jeunes français de 15, 16 et 17 ans visitent des sites pornographiques dédiés, en moyenne tous les mois et souvent beaucoup plus fréquemment. Les sites de médias sociaux et les moteurs de recherche sont également une source pour environ 30% d’entre eux, bien que moins fréquemment.

Cependant, les jeunes Français de 15, 16 et 17 ans sont tout aussi susceptibles de voir de la pornographie sur des sites pornographiques dédiés non ciblés par Arcom – 31 % l’ont fait – que sur les huit sites ciblés par Arcom – encore une fois, 31 % l’ont fait.

Ainsi, même si l’Arcom réussit à faire en sorte que ces huit sites mettent en œuvre la vérification de l’âge, ou les bloquent aux utilisateurs français, la proportion d’adolescents français exposés à des sites pornographiques dédiés ne pourrait diminuer que d’un quart au maximum, passant de 41% à 31%.

Et même ce niveau théorique modeste de réduction de la consommation de sites pornographiques dédiés suppose que les vérifications de l’âge ou les blocages soient étanches, ce qui n’est probablement pas le cas. Par exemple, l’enquête a révélé que 41 % des jeunes de 15, 16 et 17 ans en France connaissent des technologies (VPN ou navigateur Tor) qui peuvent être utilisées pour contourner les contrôles de vérification de l’âge propres à chaque pays.

En outre, l’étude suggère que si l’accès aux sites pornographiques dédiés est restreint pour les Français de moins de 18 ans, leur consommation de pornographie pourrait être déplacée vers la gamme d’autres plateformes médiatiques par lesquelles ils sont exposés à la pornographie, comme les sites de médias sociaux.

L’Arcom, l’autorité de régulation française, n’utilise pas l’article 23 pour poursuivre les sites de médias sociaux pour la pornographie qu’ils permettent aux mineurs de voir. Cela est compréhensible car la principale sanction prévue par l’article 23 est le blocage des sites, et il est peu probable que le blocage des sites de médias sociaux aux utilisateurs en France suscite un grand soutien public ou politique.

Contrairement à l’article 23, le projet de loi britannique sur la sécurité en ligne vise un éventail plus large de contenus légaux mais préjudiciables, prévoit des sanctions plus sévères (par exemple, des amendes pouvant aller jusqu’à 18 millions de livres sterling), impose aux éditeurs des exigences davantage fondées sur le processus et tenant compte du contexte, et permet à l’autorité de réglementation d’adopter une stratégie de poursuite fondée sur le risque. Professeur Thurman [pictured] estime que ces différences signifient que l’Online Safety Bill est plus susceptible que l’Article 23 de réduire l’exposition des adolescents à la pornographie en ligne.

Il a déclaré : « Je pense que les effets de déplacement des médias, le contournement socio-technique et le pouvoir limité, le large champ d’application et la mise en œuvre actuellement étroite de l’article 23 signifient qu’il est peu probable qu’il réduise beaucoup la consommation de pornographie par les adolescents français. »

L’article, intitulé « Lessons from France on the regulation of internet pornography : How displacement effects, circumvention, and legislative scope may limit the efficacy of Article 23 », est publié dans la revue Politique et Internet.


78% des jeunes britanniques de 16 et 17 ans ont vu de la pornographie en ligne (et récemment)


Plus d’informations :
Neil Thurman et al, Lessons from France on the regulation of Internet pornography : Comment les effets de déplacement, le contournement et la portée législative peuvent limiter l’efficacité de l’article 23, Politique et Internet (2022). DOI : 10.1002/poi3.293

Fourni par
Université de la ville de Londres

Citation:
Les leçons de la France sur la régulation de la pornographie sur Internet (2022, 15 avril)
récupéré le 17 avril 2022
à partir de https://techxplore.com/news/2022-04-lessons-france-internet-pornography.html

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